Gérer une boutique de barbier aurait pu être une simulation ordinaire comme dans la plupart des jeux ; Beastfolk Barber, lui, reprend cette idée et la remplit de construction du monde. La démo du jeu sur Steam est prometteuse pour ceux qui recherchent une œuvre avec des thèmes sérieux derrière un style visuel mignon. Même si au début on la perçoit comme « on ne fait que couper les cheveux de personnages à fourrure », on comprend en quelques minutes que les choses sont plus profondes qu'elles n'y paraissent.
La boutique de barbier hors du commun de Freddie
Dans le jeu, on incarne une jeune femme nommée Freddie ; un miroir étrange laissé par son amie décédée est le plus grand secret de la boutique. Grâce à ce miroir magique, on peut voir à l'avance les coiffures des clients. Cependant, vous n'avez que trois droits d'aperçu pour chaque coupe. C'est pourquoi il est très important de bien communiquer avec les clients, de comprendre leurs attentes et de choisir le bon style. La boutique n'ouvre qu'un jour par semaine, ce qui donne l'impression que chaque client est précieux.
La motivation principale n'est pas une simple réussite commerciale : un démon mystérieux propose un marché à Freddie pour qu'elle ne ferme pas sa boutique. Si vous trouvez dix clients réguliers avant une certaine date, le démon offre à Freddie l'opportunité de revenir sur un regret de son passé. Ce marché au cœur de l'histoire donne au joueur pour mission non seulement de couper des cheveux, mais aussi de tisser de véritables liens avec les personnages.

Pas seulement couper des cheveux : une construction du monde profonde
La chose la plus importante qui distingue Beastfolk Barber de ses semblables, c'est que son monde est conçu avec réflexion. Les Beastfolks, c'est-à-dire le peuple animal, étaient autrefois des créatures rares, mais ils sont maintenant des habitants ordinaires des villes. Mais la vie n'est pas égale pour tous. Le premier client marquant du jeu, un dragon à deux têtes, met directement en évidence cette inégalité.
Chaque tête du dragon a sa propre personnalité ; mais selon la loi, une seule tête est considérée comme une « personne », l'autre étant considérée comme un organe. Ce détail, qui semble absurde, constitue l'un des thèmes principaux du jeu : la reconnaissance légale des espèces. Les deux têtes travaillent pour un sénateur et cherchent du soutien pour un projet de loi qui exige que l'âge adulte soit redéfini pour chaque espèce. Les demandes de coupe de cheveux ne sont qu'une sous-intrigue de cette grande lutte politique.
Un tel récit peut être lu comme une allégorie des droits des minorités. On ne sait pas encore jusqu'où les développeurs approfondiront ce parallèle, mais la première impression est que des efforts sont faits pour ne pas laisser le sujet en surface.
Gameplay : conversations, aperçus et mini-jeux
La boucle de jeu principale se déroule dans une atmosphère semblable à Coffee Talk : vous discutez avec vos clients, vous apprenez à les connaître et vous essayez de trouver la bonne idée pour la coupe. Les conversations sont importantes non seulement pour prendre les commandes, mais aussi pour découvrir le passé et les attentes des personnages. Chaque client a une raison différente, et ces raisons sont souvent plus complexes qu'elles n'y paraissent.
Quand on en vient à la coupe, de petits mini-jeux entrent en jeu. Couper aux ciseaux, raser et d'autres petites tâches qui exigent de la dextérité rendent le jeu plus interactif. Bien utiliser le droit d'aperçu est un point clé, surtout avec les clients très exigeants. Si vous proposez un mauvais modèle, la réputation de la boutique peut en souffrir.
Premières impressions : le potentiel derrière l'adorabilité
Le style artistique de Beastfolk Barber attire l'attention au premier regard. Les personnages et les décors en pixel art créent une atmosphère chaleureuse et accueillante. Mais les thèmes sérieux se font immédiatement sentir sous cette esthétique mignonne. Le jeu affirme avec audace qu'il est bien plus que l'idée de « couper les cheveux d'un être à fourrure ».
Bien sûr, il est trop tôt pour dire que tout est parfait. Surtout en ce qui concerne la représentation des minorités, ce type d'univers imaginaires qui ne font pas directement référence à des groupes du monde réel risque de tomber dans certains pièges narratifs. Mais la démo présente déjà un monde et des personnages assez forts pour équilibrer ce risque. J'attends avec impatience de voir comment il tiendra cette promesse à la sortie de la version complète. Pour les joueurs qui aiment la narration, il semble raisonnable pour l'instant de l'ajouter à la liste de souhaits sur Steam.